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Maison Nessihat · ParisDu Panama à Paname2026
Savoir-faire
Savoir-faire

Le feutre de poil, naissance d’un chapeau

Avant d’être un chapeau, le feutre fut une toison. De la fourrure de lapin à la cloche moulée sur bois, voici le voyage discret d’une matière patiente.

Tout commence par une fibre courte, prélevée sur le ventre du lapin ou du lièvre, plus rarement du castor. Trempée, brossée, soufflée sur un cône en toile fine, elle s’agglomère par friction et par vapeur : c’est le secret du feutre, une fibre qui s’accroche à elle-même sans tissage ni couture. On obtient une cloche — sorte de cône souple, encore informe — qui pèse à peine cent grammes et contient déjà tout le chapeau à venir.

Vient ensuite le moulage. Le chapelier pose la cloche sur une forme en bois, héritée le plus souvent du XIXe siècle, et la travaille à la vapeur. Le feutre se détend, épouse les courbes, accepte la calotte ronde, l’aile relevée, le pli central. Chaque maison a ses formes, parfois centenaires, classées en armoires comme des partitions. Le geste demande de la force et de la mesure : trop chaud, le feutre brûle ; trop tiède, il refuse la courbe.

Il reste à border, à ganser d’un ruban gros-grain, à doubler d’une coiffe de satin. Le chapeau de feutre, alors, peut traverser un siècle. C’est une matière qui se brosse, se repose, se reforme à la vapeur d’une bouilloire — et qui, pour cette raison, mérite qu’on la protège dans ses déplacements autant que dans ses étagères.


Nessihat — le chapeau qui voyage.

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